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Poésie

Dans la presse PDF Imprimer Envoyer
   

Archaïon, Les tablettes de Christopher Gérard

La parution de la quinzième livraison de Livr'Arbitres, n'est-elle pas l'occasion rêvée de se pencher sur cette « revue littéraire du pays réel », née, si je me souviens bien, en pays messin  vers la fin de l'autre siècle. Je dois conserver quelque part dans mes archives un exemplaire du Baucent, sympathique brûlot d'esprit « hussard », un polycopié réalisé avec les moyens du bord par une phalange d'étudiants, parmi lesquels Patrick Wagner, l'actuel directeur deLivr'Arbitres (http://livr-arbitres.com/), et le cher Laurent Schang, ceinture noire d'aïkido et l'auteur de quelques livres singuliers. En quinze ans, si l'un et l'autre ont vu se dégarnir leur front altier, ils n'ont toutefois rien perdu de leur enthousiasme ni de leur insolence. D'inspiration maurrassienne (la référence au pays réel) et néo-conservatrice au sens large, la revue s'est plu à saluer les grands anciens, non sans risquer, il est vrai, de se cantonner au rôle de musée de la droite littéraire : ont eu droit à des numéros spéciaux Blondin, Aymé, Chardonne, Laudenbach, Sentein, aujourd'hui Haedens et demain le délicat Fraigneau. On songe, en moins théorique (littérature d'abord !) à la défunte revue Réaction (1991-1994) ou à Les Epées, qui brandirent chacune l'étendard des non-conformistes des années 30, celui d'une rébellion aristocratique.

Livr'Arbitres  a opté pour des textes courts, parfois trop à mon goût, critiques de livres, nouvelles (inégales) et bien sûr dossiers fournis. Aux grands ancêtres cités plus haut s'ajoutent des thèmes tels que la tauromachie, le dandysme, la Russie... Au large du siècle, non sans panache... et avec une jolie maquette. Ce sympathique cénacle organise des soirées très courues, où l'on boit du chinon en baratinant des lectrices au sourire ensorcelant.

Parmi les signatures actuelles, qui sont autant d'autorités « morales » (guillemets de rigueur), le ronchon Alain Paucard, l'archiviste Francis Bergeron, Michel Mourlet, l'ancien directeur de Matulu, le cinéphile Philippe d'Hugues, le très-pacifiste Laurent Schang, encore lui, qui parle si bien de son maître Jean-Jacques Langendorf, l'auteur d'un livre talisman, Un Débat au Kurdistan, magnifique récit d'une mission avortée dans la Syrie des années 30. Quelques signatures de petits jeunes aussi, dont une qui m'est chère, celle du punkissime slavo-new-yorkais Thierry Marignac, un boxeur à suivre, dont je ne résiste pas à citer l'extrait d'un programme qui est aussi le mien : « entêtement sur les chemins de traverse, singularité, refus sans appel de participer à la pornographie présente des Lettres ». Puisse Livr'Arbitrespersévérer dans cette posture !

Christopher Gérard - 26 novembre 2014 

                                                                                                                                                              rivarol2889ge5
LIVR'ARBITRES

Dans sa livraison d'automne, la revue "apériodique" non conforme partage ses colonnes entre les <<plaisirs solittéraires>>, qui rendent compte de l'actualité du livre en présentant un choix de titres pour tous les goûts et quelques magazines de bon voisinage (dont le premier numéro particulièrement alléchant des Etudes Rebatiennes), et deux dossiers inusités : l'un consacré aux multiples facette de l'oeuvre du poète-éditeur Jacques CHARDONNE, renié jadis par ses confrères résistancialistes pour cause de germanophilie, l'autre à la tauromachie.
 
L'analyse de Didier Dantal sur le "moraliste" risque de rebuter le lecteur par sa formulation quelque peu absconse.
 
En revanche, on appréciera l'article de Nicolas Giorgi sur la longue amitié épistolaire de l'<<ermite de la Frette>> avec Paul MORAND, cet autre réprouvé de la Libération, tous deux réhabilités par les Hussards, et de Francis BERGERON à propos d'une exposition d'hommage à CHARDONNE (impensable aujourd'hui) organisée en 1984 par la Bibliothèque Nationale qui donna lieu à l'édition d'une plaquette, désormais rarissime, dont prudemment le catalogue gomma le <<mystérieux et mythique>> Ciel de Nielflheim, résolument pro-allemand (seules quelques épreuves brochées furent tirées pour des intimes). [...] si je peux me tenir tranquille quand je verrai les Américains faire de la France un lupanar, et puis les Russes...c'est que j'aurai poussé mon cri quand celà m'était permis, peu importe si c'est un cri étouffé>> rapporte Mme Guitard-Auviste dans sa biographie.
 
Avec Toros, d'abord modeste publication créée par Marcelle et Georges Cantier qui, dès 1925, popularisèrent aux arènes de Nîmes cet art viril - et si controversé, souvent à juste titre quand le duel s'apparente à la boucherie, Christian DEDET parcourt l'histoire de cette revue à la gloire de la corrida espagnole importée en France par l'impératrice Eugénie. Il nous entraîne dans la quête passionnée de l'intrépide Marchelle,"Miqueleta", veuve en 1931, et de son fils Francis à travers l'Ibérie, écumant les ferias de Séville à Madrid ; poursuivre durant la guerre civile malgré les <<humanistes rouges>>, la moisson donna ses lettres de noblesse à Toros qui rassembla ainsi la fine fleur littéraire des aficionados, de Montherlant et Jean Cau à Hemingway, les peintres et dessinateurs célérant eux aussi la grand-messe bouvine.
 
Un florilège des Causeries du Dimanche de Philippe d'HUGUES, récemment paru, fait l'objet d'une chronique élogieuse de Jean Paul ANGELELLI, longtemps collaborateur de notre hebdomadaire.
 
Des nouvelles inédites, des portraits originaux complètent ce N°12 de LIVR'ARBITRES dont l'éclectisme ne manquera pas d'élargir le lectorat.
                                                                                                                         Marie-Gabrielle DECOSSAS.
                                                                                                               
  RIVAROL N°3115 - 7 Novembre 2013 -
                                                                                                                    
                                                                                           

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Nimier plus que jamais

La semaine dernière, une bonne centaine de personnes étaient réunies dans un restaurant du 2e arrondissement. Elles célébraient la sortie du 9e numéro (nouvelle série) de la revue littéraire Livr'Arbitres. Un numéro consacré en grande partie à Roger Nimier (ainsi qu'à un autre "maudit", Albert Paraz). Le vin coulait à flots, et, ce soir-là, c'est sans doute un peu de cet esprit "hussard" que les participants venaient rechercher, cette ambiance si bien racontée par Blondin dans Monsieur Jadis, mais aussi dans les nombreuses études qui paraissent actuellement (dernière en date : Roger Nimier, Antoine Blondin, Jacques Laurent et l'esprit Hussard, de Philippe Barthelet et Guillaume de Roux, que je me réjouis de lire bientôt).

Parmi les personnalités présentes à cette soirée, un invité surprise : Jean-Marie Le Pen. Le président d'honneur du Front national a en effet participé à ce numéro de Livr'Arbitres, avec un article en forme de témoignage, intitulé "Toute une époque". Il nous raconte la "fronde insolente" que menait, au Quartier latin, une bande de jeunes écrivains : "Roger Nimier, Jacques Laurent, Antoine Blondin, Michel Déon, Kléber Haedens, pour ne citer que les plus connus."

Lui, Jean-Marie, était le jeune président de la Corpo de droit. Il avait fait la connaissance de Roger Nimier lors d'un cocktail avec Jacques Chardonne et Joseph Breitbach. " Le fait que nous ayons tous deux été orphelins à 14 ans nous avait rapprochés."

Leurs routes ne devaient plus se séparer jusqu'à la mort de Nimier. Le Pen travaillait avec Pierre Durand rue de Beaune, à la SERP, cette maison de disques qu'il avait créée. Nimier et sa bande le retrouvaient, à quleques dizaines de mètres de là, aux éditions de la Table ronde, mais, plus fréquemment encore, au bar de l'hôtel Port-Royal ou au Bar Bac, "On buvait sec en discutant jusqu'au moment où la faim nous conduisait, par affinités du moment, au restaurant des Ministères, aux Assassins, voire chez Lipp ".

Le Pen se souvient, avec un brin de nostalgie, de cette bande de joyeux buveurs, les Laurent Laudenbach, Jean Bourdier, François Brigneau, Eric Losfeld, le journaliste Joubert. Et Nimier et Blondin, bien entendu.

"La vague déferlante de Mai 68 a balayé les libertés, fondé et bétonné une pensée unique. La mort et l'Académie française ont fait le reste."

Ce soir d'octobre 2012, il y avait foule autour du vieux lutteur Le Pen, pour l'écouter égrainer ses souvenirs du temps des hussards. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'être de ce chaleureux rassemblement, je ne peux que conseiller de se procurer très vite (avant qu'il soit épuisé) cet excellent numéro de Livr'Arbitres.

Michel Déon, Jean-Paul Angelelli, Philippe d'Hugues, Michel Mourlet, Christian Dedet, Marc Laudelout et beaucoup d'autres nous font partager dans ses pages leur admiration pour Nimier, et aussi pour ce curieux personnage nommé Albert Paraz qui, dans les années cinquante, du fond de son lit où le clouait une cruelle maladie, avait entrepris une croisade pour réhabiliter son ami Céline. Le grand (et peut-être seul) spécialiste de Paraz, Jacques Aboucaya, a établi un excellent dossier sur l'auteur duGala des vaches et de quelques autres bons livres d'esprit célinien.

En fait tout est à lire, tout est à garder, dans cette revue Livr'Arbitres, dirigée par des amateurs de bonne littérature, dénués du moindre esprit sectaire.

Francis BERGERON

Présent, vendredi 19 octobre 2012.

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Livr’Arbitres est de retour


Nous fûmes désolés, naguère, de voir disparaître la trop éphémère revue littéraire Livr’Arbitres. Nous sommes heureux de la voir reparaître, avec une nouvelle série dont le premier numéro est plus que prometteur. Précisons tout de suite que ce n’est pas une revue de gauche, mais une revue clairement de droite, plutôt nationale-catholique et identitaire, mais pas seulement. Car elle est ouverte à des horizons plus larges, comme en témoignent par exemple le très intéressant article de Philippe Darel sur « Jean de Pange et Robert Schuman : éveilleurs de l’Europe » ou l’entretien de Thierry Marignac avec Xavier Eman. La plus grosse partie de cette revue est constituée de notes de lectures concises ou développées, ainsi que de portraits. Les écrivains choisis par Livr’Arbitres sont ici Olivier Maulin, Knut Hamsun, Henri Pourrat, André Fraigneau, Julien Gracq ou Richard Millet (avec un important article de Francis Bergeron sur Les confessions négatives), autrement dit le nec plus ultra. Les morceaux de résistance, si l’on ose dire, sont un entretien détaillé et argumenté sur Lucien Rebatet avec Gilles de Beaupte, le fondateur des Etudes rebatiennes, et une conversation posthume avec Robert Brasillach due à la plume astucieuse de Marie Lepetitcorps. Chacun l’aura compris, tout ça n’est pas très politiquement, historiquement et littérairement correct !

Michel Marmin

Eléments, n°133 octobre-décembre 2009