id)) {echo "
Rejoignez-nous sur
Et suivez l'actualité littéraire en temps réel
logo-facebook-detoure Twitter_logo

Poésie

Saint Arnould PDF Imprimer Envoyer

SAINT ARNOUL, ANCÊTRE DE CHARLEMAGNE

ET DES EUROPEENS

« L’immense famille désignée sous le vocable de « chrétienté occidentale » nous fait remonter en l’an 600 au couple du duc Arnoul et de la Comtesse Dode. Ces deux saints sont des ancêtres essentiels des Européens, d’abord par leur spiritualité, ensuite par leur prodigieuse descendance, qui concerne nos compatriotes de toutes conditions et de toutes régions de l’Écosse à la Sicile, de la Bretagne à la Pologne. » Ces mots sont de S.A.I.R. l’archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine.

C’est dire l’importance qu’a ce saint, injustement méconnu. Aux Européens en quête de souvenirs de famille, Metz se dévoile comme un berceau : Saint Arnoul maire du palais, évêque puis ermite se présente en effet tout à la fois comme l’ancêtre paternel et le père spirituel de la chrétienté franque. On ne peut oublier que Charlemagne sera son descendant à la sixième génération mais qu’alors déjà le pape Paul Ier (700-767) avait proclamé Pépin Le Bref « nouveau David » reconnaissant implicitement les Francs comme le « peuple élu » du nouveau testament, celui à propos duquel Guibert de Nogent, bénédictin du XIe siècle, évoquera la Gesta Dei per francos.

Arnoul est né vers 580 au château de Layum (aujourd’hui Lay St-Christophe), près de Toul. Il est le fils du maire du palais, Anchises (dit Baugdise). Après de bonnes études de lettres latines, il est confié à Gondulphe, maire du palais à la cour d’Austrasie pour y être initié au maniement des affaires. Il a de tant de mérites et de talent qu’on lui remet l’intendance du palais et le gouvernement de la province de Mosellane (cela correspond à l’actuelle Sar-Lor-Lux plus Trèves et Mayence). C’est alors que vers 600 il se marie avec Dode, avec qui il aura plusieurs enfants dont Ansegisel (duquel descendront Pépin d’Héristal, Charles Martel, Pépin Le Bref et enfin Charlemagne) et Clodulf qui deviendra évêque de Metz et sera vénéré sous le vocable de saint Cloud. Les luttes perpétuelles entre les royaumes d’Austrasie et de Neustrie incitèrent Arnoul à rentrer dans les ordres. Le siège épiscopal de Metz étant devenu vacant, il fut choisi, comme vingt-neuvième évêque, par le peuple et le clergé de Metz, et intronisé vers la fin de 612. Dode, pour sa part, se retira dans un monastère près de Trèves. Quant à Arnoul, sa charge d’évêque ne l’empêcha pas de demeurer actif dans la politique de l’Austrasie.

Jouissant d’une grande autorité morale sur Clotaire II, ce dernier lui confia l’éducation de Dagobert. Cependant, Arnoul désirait depuis longtemps renoncer à sa charge épiscopale et se retirer dans la solitude. En 629, Dagobert le laisse partir. Il se construit alors une cellule et un oratoire sur une montagne près de Remiremont. Il y soignera les lépreux.

Ainsi, Arnoul fut proclamé Saint parce qu’il méprisa « les choses mondaines qui trompent les yeux et perdent l’esprit », parce qu’il préféra « les lois divines plutôt que celles du monde » et voulut « être serviteur de Dieu plutôt que dominateur du peuple ».

Mais l’héritage le plus durable de Saint Arnoul est à coup sûr son principe de gouvernement : « Dans la Chrétienté, la force ne peut être employée et le pouvoir exercée que selon les lois de Dieu ». Élaborée au VIIIe siècle, ce principe fut la règle de la chevalerie, la limite des monarchies et l’origine de notre lotion (aujourd’hui laïcisée) des droits de l’Homme